06 décembre 2011

J'ai les boules de Noël ou la SDF attitude !

Charb - Maurice et Patapon - Plaisir d'offrirDans un des articles du mag papier des Inrocks de la semaine, qui n'a rien à voir avec le sujet, je relève ceci : "Xe arrondissement, quartier qui lui va comme un gant. En bas de l'immeuble, des SDF ont installé leur literie de fortune, et sous le soleil pâlichon de fin novembre, le boulevard ne semble plus vouloir charrier qu'un flot interminable de déchéance sociale." 
C'est très bien écrit, on se croirait dans l'univers de Zola. Je les croyais devenus invisibles, ces fameux SDF ! Passée la place du colonel Fabien, d'autres vivent sous des tentes, sous le métro aérien, en nombre cette fois, mais au sec car le pâle soleil de décembre est bien parti, lui. 

Je la connais bien cette partie du Xe, mes enfants étudiants y habitent. Effectivement le boulevard de la Villette charrie de la pauvreté extrême. Mais ouvrons les yeux. Le pays entier commence à bien charrier tout ça. Et le repousser au plus loin des yeux de ceux qui consomment encore, de ceux qui travaillent encore... Ceux-ci qui commencent à avoir une belle trouille de ce qui pourrait leur arriver à l'avenir avec ces incessantes nouvelles, de crises, d'augmentation de chômage, de déclassement économique auquel une poignée seulement comprend quelque chose.
Et de ça, personne ne sait que faire ! A 47 ans comme moi, quand vous cherchez, cherchez sans relâche, et que personne ne vous répond (à peine 5%).

Une grande entreprise française bien connue, en l'occurrence un journal m'ayant embauchée en cdd pendant 9 ans, je suis difficilement reclassable, j'en suis consciente !! Créer son activité par les temps qui courent est peut-être une solution. Sans un rond, ce n'est quand même pas évident. Mes gosses sont étudiants et payent le prix fort de ma situation économique, pour se loger par exemple, Paris est devenu indécent.

Mais qui peut rendre compte de ça ? A part les documentaristes, qui auront enquêté longtemps et seront donc déjà un peu loin de l'urgence. Les journalistes qui choisiront des cas extrêmes sans voir que leur voisin cache bien sa pauvreté naissante. Car c'est à ce moment qu'on peut aider. Attendre le fond du trou, c'est prendre le risque que l'individu ne se relève jamais. Le fond est profond mais quand même parfois très vite atteint. 

Noël approche, regardez autour de vous, faites un geste. Interpellons ensemble ce gouvernement pour lui répéter que non, les gens ne profitent pas quand ils touchent ou le rsa ou l'ass ou des assedics juste assez pour ne pas sombrer. Ce qui est mon cas. Je ne peux presque plus payer de loyer. Où est la prochaine étape ?

La prochaine étape est ce que l'auteur décrit très bien dans sa phrase poétique. La rue. Et la dépersonnalisation. Les dents qui tombent. Le froid. Le chaud. L'alcool (car en discutant avec Gilles, indigné de Nantes, l'autre jour, c'est presque fatal de tomber dedans, à la rue). La faim. La misère. Le trou. Le noir. La mort.

Tout ça sous une belle déco de Noël... La petite fille aux allumettes, vous vous souvenez ?

Posté par cecileinfine à 10:20 - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur J'ai les boules de Noël ou la SDF attitude !

    courage à toi

    investir, quand il est encore temps, dans la survie et l'autosuffisance, autant que faire se peut ; pour ne pas être totalement démuni-e le jour venu. A+

    Posté par Mr Choule, 06 décembre 2011 à 16:11 | | Répondre
  • J'investis dans l'énergie... ;o)

    Posté par roseematinale, 07 décembre 2011 à 10:43 | | Répondre
Nouveau commentaire