Sous-(mal)traitance à Pole Emploi
Fortement conseillée par un conseiller de faire partie d'un atelier pour réduire mon cv aux expériences de services et d'usine et autres (je suis maquettiste, graphiste, secrétaire) que j'ai pu faire entre deux contrats dans ma branche, je suis allée hier à un "atelier" de Pole Emploi pour le retravailler ce cv. Je me suis dit pourquoi pas ? Je cherche dans tous les domaines après tout. J'arrive à 9h pétante. Personne à part deux ou trois pauvres candidats comme moi à attendre. Vers 9h15, la conseillère arrive. Vous remarquerez que nous sommes à l'heure nous autres fainéants de chômeurs, car ça commence à 9 heures normalement. Oui je titille je sais, mais.
Elle ouvre une porte, s'étonne que le local ait l'air occupé. En fait la salle est sale (hhha !). Des affaires personnelles, cahiers, papiers divers et gras, et même des miettes jonchent la table... Il y fait froid. Bref, les 5 malheureux candidats et moi nous rendons compte en discutant que nous ne sommes pas là du tout pour les mêmes raisons, l'une veut apprendre à se servir d'internet, l'autre veut des renseignements car elle monte sa boîte, une autre vient pour une EMT (évaluation en milieu du travail)... Bon.
Je pensais naïvement que nous aurions face à nous quelqu'un de dynamique qui nous redonnerait la pêche face à l'ampleur de la tâche et de bons petits tuyaux pour faire un cv dynamique. Ou crédible, ou pas, ou sur du beau papier ou imprimé sur tissu c'est tendance, ou écrit en rouge surligné de fluo, ou sur du pq, c'est couru. Bref refaire pour la énième fois ce p... de cv qui ne fait que détailler une vie de travail. Sans en attendre plus je n'en attendais pas moins.
Hélas, pour l'instant elle cherche, elle cherche en vain dans les cahiers suspendus quelque chose qui pourrait éventuellement aider la personne pour son entreprise en devenir. Rien. "Ben..., ici il n'y a rien. Ils oublient (ils ? Pole Emploi) de nous donner les documentations dans les petites antennes !!" Bon elle est désolée mais elle, elle n'est pas Pole Emploi, elle est Greta, sous-traitée
en fait. Ok, bon nous on s'en fout, si elle est compétente. Moi pendant ce temps je demande à la dame à l'entreprise ce qu'elle veut faire, pour en savoir un peu plus et lui demande si elle veut créer une micro entreprise etc. Et là comme si ça lui revenait d'un bloc, la demoiselle du Greta lui dit d'aller plutôt voir à la CCI.
Place à la personne qui ne sait pas se servir d'internet. Elle lui montre un peu, l'autre pige que dalle, se décourage tout de suite, écoute à peine et lui raconte en long et en large sa maladie, etc. Elle est gênée, la petite conseillère Greta, car elle n'a aucun conseil à donner. A personne, en fait elle ne sait pas. Elle est un peu perdue.
Elle commence à regarder mon cv. Elle me dit deux trois trucs que je sais déjà. Bon, merci et au revoir.
Le chômage n'a rien à voir avec les compétences de chacun. C'est une fatalité qui tombe et s'accroche sur l'un ou l'autre d'entre nous. Le monde du travail est rempli de plein de gens qui n'ont pas beaucoup de compétences ou ne sont simplement pas bons ou à leur place. C'est comme ça. L'offre et la demande. Tout dépend de quel côté on se trouve. Pole emploi c'est de la fiction en temps réel et perdu.
Je sais ce que certains penseront : tu n'as pas besoin de Pole Emploi pour revoir un cv. Non, maintenant je sais. Mais c'est Pole Emploi qui verse mes assedic et j'ai signé la feuille de présence hier.
La rage dedans
Il existe aujourd'hui des millions de gens qui n'existent pas, que l'on n'entend pas. Ils sont devenus muets. Ils ont perdu leurs voix. Et leurs voies. Mais on exige d'eux qu'ils soient compétitifs, courageux, inventifs, expérimentés et plein d'autres qualificatifs, alors qu'eux veulent seulement se remettre à bosser. Quand ils postulent dans 95% des cas, on ne leur répond même pas. Et de plus ils sont taxés de fainéantise par on-sait-qui, ce qui achève de les culpabiliser. C'est un public fragilisé par la précarité aussi.
Car il arrive un temps où ils n'ont plus les moyens de postuler. Sans Internet aujourd'hui, il est très difficile de chercher et, de ce fait, de trouver un travail, quelqu'il soit. Il faut au moins une voiture ou habiter une grande ville ou bien avoir des transports en commun pas loin. De plus, même pour vendre du pain, il faut une expérience !
Et tout à côté, vivent les autres avec leur travail qui les oppresse ou qui les épanouit. Les autres avec leurs projets de vie qui continuent, l'achat de la maison, les saisons qui passent, les vacances, Noël, l'Ipad, les journées de la femme, des handicapés ou de la gentillesse, les malheurs du monde qui sont relayés sur les médias et via Facebook, où par exemple, chacun s'émeut à grand renfort de cris offensés : "mais comment est-ce possible ????"
Le monde du travail est dur (et aujourd'hui encore on apprend le suicide d'un de ses inspecteurs) mais le monde du chômage n'existe même pas. Peut-être que les associations vont devenir plus efficaces car il grandit ce monde, il grandit et tous ces gens privés d'emploi veulent enfin vraiment se faire entendre. Mais les questions résonnent, le courage des uns et des autres va s'amenuisant au fil des mois. Un droit opposable au travail ? Un revenu universel ? Ne serait-ce que pour créer sa propre activité, parce qu'avec tout ce temps libre...
ça se mérite le courage ?
Le Président nous dit que c'est du courage de gouverner en ces temps modernes et mornes de crise, de dettes, de chômage galopant, de... j'allais dire pauvreté, misère et autres coups dans la gueule que subissent ses concitoyens. http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0201843267846-sarkozy-vante-son-courage-face-a-l-epreuve-275281.php
Il serait presque pleurnichard s'il s'écoutait, ne sachant plus comment amadouer ceux qui commencent sérieusement à lui tourner le dos, il voudrait maugréer entre ses dents : "Vous ne vous rendez pas compte, vous les petits que c'est dur de vouloir être et rester le plus grand... responsabilité... lever tôt... gagner plus (ha ça on n'entend plus)... gna gna gna". J'entends ça entre les lignes, moi.
Le vrai courage n'est pas d'être un président girouette entre deux avions, à qui on écrit des discours dont il n'a cure et qu'il ressasse, en jouant son rôle. Je connais beaucoup de femmes seules qui travaillent à temps partiel, qui élèvent leurs enfants avec peu d'aide et de moyens. Je croise beaucoup de sdf à Paris ou ailleurs dans d'autres grandes villes, qui survivent et meurent sous les yeux de milliers d'indifférents. J'ai passé un après-midi froid de novembre avec des indignés, à Nantes, qui ne baissaient pas les armes. Je connais des travailleurs qui se sont battus pour ne pas perdre leur emploi, qu'ils ont perdu quand même. Je connais des chômeurs qui ne savent plus quoi faire pour s'occuper l'esprit, à en devenir fous. Je connais des journalistes qui vont sur le terrain au péril de leur confort ou pire, de leur vie. Des exemples comme ça on peut en trouver à la pelle, si on regarde un peu autour de nous.
Sarkozy, lui, il n'a qu'à tendre la main, on lui donne son discours ; il tend la main, un lèche-botte lui donne son café ; il tend la main, un de ses sous-fifres tremble en se demandant bien ce qu'il veut... un chocolat ? qu'on lui ouvre une porte ? qu'on lui trouve une idée ? Il était impatient, impertinent, grossier ; il se meut en grand homme digne face à cette crise qui lui va si bien. Il va parler aux Français à la fin du mois. Sur une chaîne pleine de ces (nouveaux et anciens) chiens de garde qui ne veulent que le buzz et l'argent du buzz. Et bla bla bla.
Standard and rich's
Ces agences de notation sont devenues les stars des débats politiques. On y parle argent, argent et encore argent. Toujours les mêmes viennent et reviennent nous expliquer ce qu'on ne comprend plus. AAA, AA+, AA- ???? Que celui qui entende tout ce qui se dit m'explique. J'ai essayé, suis allée lire des trucs, tout ça me tombe des yeux.
On ne prête qu'aux riches. C'est ça que je retiens. Ce qui devrait être le contraire. Les pauvres n'ont plus qu'à se taire et se terrer. On ne les voit plus ou si peu. Ou bien c'est spectaculairement mis en scène pour faire peur à ceux qui ne le sont pas encore. Mais dormir dehors ou ne rien manger de la journée n'est pas gratuit. Les pauvres payent de leur santé physique et mentale cette précarité : Francis en est la preuve.
Les riches auront-ils assez de toute une vie pour dépenser leur fric sans compter ?
Les pauvres comme Francis continueront leur errance, invisibles cibles du moderne cynisme et de la finance à outrance.
Les Pen et consorts, qu'on sortira !
On dit bonne année d'habitude. Alors bonne année. Un Français sur trois d'accord avec les idées de Le Pen. Je ne dis plus Marine c'est trop humain. Le Pen ça suffit. Oui Le Pen ça suffit ! Et si elle n'avait pas ses signatures ? (sourire)... Bien fait ! Mais que certains de nos concitoyens soient aussi cons et malembouchés pour croire ce qu'elle serine à longueur de temps et que l'UMP ressert comme pour lui emboîter le pas, ça fait peur (un peu car je ne suis pas étonnée). C'est quoi les idées de Le Pen ? Trop d'étrangers ! Trop de délinquants ! Pas assez de valeurs traditionnelles ? Trop de liberté ! Trop d'insécurité ! Trop de droits à l'islam ! Jeanne d'Arc est à moi ! (achetez Charlie cette semaine, juste pour le dessin de Jeanne d'Arc Vador). Bref toutes plus crasses les unes que les autres, raccoleuses sans but et sans fondement, et puis je ne lis pas France Soir !
de l'effet (mérité ?) à l'éphémérité des intouchables...
Le succès de ce film est phénoménal.
Je ne l'ai pas vu. Je n'irai pas le voir. On va encore me dire "tu es rabat-joie ! ". "Ce film remonte le moral, on en a besoin, blablabla... Oui je sais"
L'histoire est belle. Cette rencontre d'amitié est belle. Ce handicap est lourd. Quand j'avais vu "le saphandre et le papillon" sur le locked-in syndrôme de Jean-Dominique Bauby tiré de son livre, une scène m'avait marquée. Jean-Do, le héros du film dont la vie bascule après cette attaque cérébrale qui le paralyse et visse sa vie à ce fauteuil, ce lit et cette voix intérieure ; Jean-Do donc, regarde un match de foot à la télé, et le film nous fait l'entendre qui crie, s'anime, Jean-Do vit le match, dans sa tête. Un infirmier arrive, le borde, ne lui demande rien, éteint la télé dit bonne nuit et s'en va. Et c'est le noir. Plus rien. Incapacité d'appeler, incapacité de s'insurger ; et nous spectateurs on l'entend se dire heee mais ça va pas, heee mon match putain fait chier !!!! Un cerveau et une pensée intactes dans un corps qui ne bouge plus. Ni les lèvres, ni les poumons, ni les yeux. Ah oui juste une paupière qui le maintient en lien avec les autres. Il est mort après la sortie du livre. Ses premières paroles écrites avaient été : je veux mourir. Ce qui rapproche ces deux personnages emblématiques, devenues cinématographiques, c'est qu'ils ont fait un livre, c'est qu'ils avaient des moyens financiers ; malgré la dureté du handicap, ces moyens peuvent [parfois] adoucir la vie.
Certains ont un handicap plus léger, plus léger que le personnage de Cluzet mais sont réduits à la même vie que Jean-Do. Leur sur-handicap après le vrai c'est les sous. L'Etat ne finance pas assez d'infrastructures accessibles aux gens handicapés. Les entreprises privées non plus d'ailleurs. Les places dans les centres coûtent cher et sont rares. Et cela fait longtemps que les associations comme l'APF (association des paralysés de France) crient leur manque de moyens et suscitent peu d'intérêt. Les particuliers se sentent seuls.
Les clips de sensibilisations sont éphémères ; rappelez-vous ce mec en fauteuil qui va des chiottes au parking sans arrêt car il n' y a guère d'évolution dans les aménagements. C'est lent. Le plus beau cadeau qu'on peut leur faire c'est de les mélanger à nous. Tout le temps. Plongez-vous dans les préoccupations des personnes handicapées. http://www.apf.asso.fr/
Ont-ils pu tous, ces gens handicapés avides de loisirs, aller sans encombre voir ce film au cinéma ? Posons-nous la question. Espérons que les auteurs du film sauront en toucher deux mots au Président qui récupère tout ce qu'il peut en ce moment.
Triple Ha !
Certains parlent de Merkozy. J'aurais choisi plutôt Sarkel (Les Bretons [mais est-ce seulement eux ?] disaient un strakel (pardonnez-moi l'orthographe) pour désigner une vieille voiture pourrie, qui n'avance plus... bon pas la peine de chercher ni les dicos ni le net ne connaissent).
Pour le coup je trouve que ça leur va mieux, ça fait plus ringard (et là ils vont bien ensemble ces deux-là, pour ça.) Plus branlant aussi, dans tous les sens du terme. Parce que oui messieurs-dames, ils s'en branlent de notre avenir, sachez-le. Ils s'en contrefichent, ils ne seront plus là. Voilà. Donc la politique d'économie en ce moment me fait doucement rigoler. Mais je m'informe quand même et je vois, dans ce brouillard médiatique, des gens, capables et prêts à mouiller leurs chemises.Hélas, Arnaud Montebourg, sur tous les fronts des fraudeurs ne fait peur qu'à son camp, finalement (http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Montebourg-accuse-de-corruption-des-elus-PS-du-Pas-de-Calais_39382-2019669_actu.Htm). Dernier article en date. Il a raison. La politique ne doit pas être corrompue. La politique ne doit pas être illisible. La politique ne doit pas être hautaine.
Et j'ajoute, la politique ne doit pas être professionnelle. Chacun son tour. Deux mandats ici OU là et après place aux autres. Plus de gens se sentiraient concernés. Ce n'est pas un gâteau à partager entre quelques-uns qui déroulent les ficelles. Nous avons besoin de la politique pour faire changer les choses. L'histoire nous le montre.
Se laisser noter comme des gamins ! Quand même... C'est affligeant. Je perds mon triple A. Punition. C'est un système éculé. Alors facile à dire, je n'ai pas de solution. Je ne suis pas du côté des ilfo ou yaka, j'ai déjà assez avec ma propre notation. Moi en ce moment je me prends un E. Je suis en colle.
J'ai les boules de Noël ou la SDF attitude !
Dans un des articles du mag papier des Inrocks de la semaine, qui n'a rien à voir avec le sujet, je relève ceci : "Xe arrondissement, quartier qui lui va comme un gant. En bas de l'immeuble, des SDF ont installé leur literie de fortune, et sous le soleil pâlichon de fin novembre, le boulevard ne semble plus vouloir charrier qu'un flot interminable de déchéance sociale."
C'est très bien écrit, on se croirait dans l'univers de Zola. Je les croyais devenus invisibles, ces fameux SDF ! Passée la place du colonel Fabien, d'autres vivent sous des tentes, sous le métro aérien, en nombre cette fois, mais au sec car le pâle soleil de décembre est bien parti, lui.
Je la connais bien cette partie du Xe, mes enfants étudiants y habitent. Effectivement le boulevard de la Villette charrie de la pauvreté extrême. Mais ouvrons les yeux. Le pays entier commence à bien charrier tout ça. Et le repousser au plus loin des yeux de ceux qui consomment encore, de ceux qui travaillent encore... Ceux-ci qui commencent à avoir une belle trouille de ce qui pourrait leur arriver à l'avenir avec ces incessantes nouvelles, de crises, d'augmentation de chômage, de déclassement économique auquel une poignée seulement comprend quelque chose.
Et de ça, personne ne sait que faire ! A 47 ans comme moi, quand vous cherchez, cherchez sans relâche, et que personne ne vous répond (à peine 5%).
Une grande entreprise française bien connue, en l'occurrence un journal m'ayant embauchée en cdd pendant 9 ans, je suis difficilement reclassable, j'en suis consciente !! Créer son activité par les temps qui courent est peut-être une solution. Sans un rond, ce n'est quand même pas évident. Mes gosses sont étudiants et payent le prix fort de ma situation économique, pour se loger par exemple, Paris est devenu indécent.
Mais qui peut rendre compte de ça ? A part les documentaristes, qui auront enquêté longtemps et seront donc déjà un peu loin de l'urgence. Les journalistes qui choisiront des cas extrêmes sans voir que leur voisin cache bien sa pauvreté naissante. Car c'est à ce moment qu'on peut aider. Attendre le fond du trou, c'est prendre le risque que l'individu ne se relève jamais. Le fond est profond mais quand même parfois très vite atteint.
Noël approche, regardez autour de vous, faites un geste. Interpellons ensemble ce gouvernement pour lui répéter que non, les gens ne profitent pas quand ils touchent ou le rsa ou l'ass ou des assedics juste assez pour ne pas sombrer. Ce qui est mon cas. Je ne peux presque plus payer de loyer. Où est la prochaine étape ?
La prochaine étape est ce que l'auteur décrit très bien dans sa phrase poétique. La rue. Et la dépersonnalisation. Les dents qui tombent. Le froid. Le chaud. L'alcool (car en discutant avec Gilles, indigné de Nantes, l'autre jour, c'est presque fatal de tomber dedans, à la rue). La faim. La misère. Le trou. Le noir. La mort.
Tout ça sous une belle déco de Noël... La petite fille aux allumettes, vous vous souvenez ?
Notre vote leurre
"Après le pain, l'éducation est le premier besoin du peuple." Danton 1793.
Le vote en 2012 devra être utile. C'est sûr qu'ils sont sympas tous ; j'aime toujours bien Mélenchon et je suis d'accord avec ce qu'il dit, Eva Joly ne m'est pas antipathique, et même Poutou, qui est un peu mou, mais ne ferait pas de mal à une mouche. Mais la crise est là, l'euro menacé. Sous l'impulsion de mon ami Rimbus, je suis allée lire quelques papiers à ce sujet et beaucoup sont très pessimistes. Moi, personnellement, je n'ai pas de bas de laine, ni de fortune, ni d'euros en poche, donc...
Et que fait le gouvernement ? Le gouvernement s'acharne à polluer le débat et la tête des gens avec des sujets populistes et racistes. L'abaissement de la majorité des mineurs délinquants à 12 ans !! Regardez votre fils ou votre fille de 12 ans. Il peut faire une connerie, personne n'est à l'abri. Imaginez-le en prison ou en centre fermé. Non... Vous n'imaginez pas. Bon deuxième sujet et il y en plein ma botte de Noël : le non-droit de vote dans les communes pour les étrangers, je ne comprends même pas que des gens qui vivent et travaillent ici depuis longtemps ne l'aient pas déjà !! Ensuite qu'est-ce qu'on a ... Ha tenez... Les immigrants dont on veut réduire le nombre, ils viennent piquer le boulot des Français.. (j'ai déjà entendu ça quelque part). Il y a aussi la fameuse insécurité, attention nous sommes cernés par les criminels ! Je n'y crois pas plus qu'en 2007.
Pendant ce temps là tout augmente, le gaz et les produits de première nécessité. Le nombre de fonctionnaires ne sera jamais aussi bas, l'éducation va devenir un mythe ; les étudiants boursiers sont menés par le bout du nez car on ne leur verse pas leur argent ou juste après que le banquier ait pris les agios nécessaires à s'enfoncer encore plus. Etudiez les jeunes pauvres, mais étudiez, angoissés du lendemain ; les Indignés qui dans ce pays de droits de l'homme (sic), ont un mal fou à se poser et rester.
Donc voilà un constat amer de lendemains qui ne chanteront pas, mais ces sujets sont éculés. Ne pas se laisser avoir. On a le nez dans la crise, ça tout le monde le sait. Accrochez-vous à vos derniers deniers. Mais de grâce, ne soutenons pas, par nos votes irraisonnés, ce traitement crasse de questions aussi sensibles et humaines. Des questions qui font la société. Je me souviens de Todd disant en 2010 sa honte d'avoir ce "machin" à la présidence de la République après l'affaire des Roms. Je suis bien d'accord, il faut en changer coûte que coûte.
Solidarité Défiance Franchise : indignons-nous !
Ceux qui n'ont pas de travail ont du temps et ceux qui bossent n'en ont jamais. Ceux qui n'ont pas d'argent y pensent tout le temps et ceux qui en ont n'y pensent jamais. Il y a des fois comme ça où les gens ne sont pas en phase. Les uns ne prennent pas le temps d'être attentifs aux autres. Bref.
J'ai passé, hier, deux heures avec les Indignés de Nantes. Groupuscule de personnes qui n'ont plus rien à perdre. Abîmés de la vie. Les gens s'arrêtent un peu, s'intéressent quand même au grand panneau déployé pour expliqur la grogne. Une vieille dame était là à discuter, elle avait apporté un paquet de café équitable. Un feu brûle dans un tonneau plus loin.
On était quatre ; la vieille dame, Gilles un des sdf pilier du mouvement, une jeune étudiante à vélo et moi ; à échanger. Quatre parcours différents, quatre âges différents et tous unis dans la même idée qu'il FAUT que ça change !! Leur campement est en sursis. Ils sont là depuis une semaine après avoir été délogés de leur premier lieu, pour laisser place au marché de Noël. Il y a une dizaine de tentes. Et il y faisait froid hier, sur cette esplanade. D'autres passants passent, encore une petite dame âgée s'arrête discute quelques secondes, sourit et s'en va. Quelues-uns entendent, partagent. Jusqu'à quand ? Jusqu'où ?
On ne s'indigne pas quand on a encore assez. On ne s'intéresse pas, à moins qu'on ne soit journaliste ou sociologue. Pas un politique par solidarité n'est venu s'asseoir dans les vieux canapés déployés pour la circonstance. Pas un. C'est son rôle pourtant. Son rôle n'est pas de se demander quel lieu il va utiliser pour sa com de campagne. Surtout quand il est de gauche. Il y a urgence.
C'est ça que personne ne veut comprendre et comme c'est bientôt Noël... Ce que je peux comprendre, les gens ont envie que leurs enfants soient encore émerveillés. Ils ont envie de dépenser ! C'est normal, je ne critique pas cela. Mais l'amertume n'a pas bon goût et je pense qu'elle se mêlera à beaucoup de foies gras cette année. Car beaucoup se sentent maintenant concernés par la chute des autres. Ils savent que ça peut leur arriver très vite. C'est peut-être là que quelque chose a changé. Après chacun protège ses arrières, donc pour bouger il faudra encore un peu de temps. S'indigner c'est bien plus facile sur le papier. Les indignés, dehors l'hiver, resteront une poignée. Il fait vraiment froid sous la tente.






