23 janvier 2012

La rage dedans

Il existe aujourd'hui des millions de gens qui n'existent pas, que l'on n'entend pas. Ils sont devenus muets. Ils ont perdu leurs voix. Et leurs voies. Mais on exige d'eux qu'ils soient compétitifs, courageux, inventifs, expérimentés et plein d'autres qualificatifs, alors qu'eux veulent seulement se remettre à bosser. Quand ils postulent dans 95% des cas, on ne leur répond même pas. Et de plus ils sont taxés de fainéantise par on-sait-qui, ce qui achève de les culpabiliser. C'est un public fragilisé par la précarité aussi.

imagesCar il arrive un temps où ils n'ont plus les moyens de postuler. Sans Internet aujourd'hui, il est très difficile de chercher et, de ce fait, de trouver un travail, quelqu'il soit. Il faut au moins une voiture ou habiter une grande ville ou bien avoir des transports en commun pas loin. De plus, même pour vendre du pain, il faut une expérience ! 

Et tout à côté, vivent les autres avec leur travail qui les oppresse ou qui les épanouit. Les autres avec leurs projets de vie qui continuent, l'achat de la maison, les saisons qui passent, les vacances, Noël, l'Ipad, les journées de la femme, des handicapés ou de la gentillesse, les malheurs du monde qui sont relayés sur les médias et via Facebook, où par exemple, chacun s'émeut à grand renfort de cris offensés : "mais comment est-ce possible ????"

Le monde du travail est dur (et aujourd'hui encore on apprend le suicide d'un de ses inspecteurs) mais le monde du chômage n'existe même pas. Peut-être que les associations vont devenir plus efficaces car il grandit ce monde, il grandit et tous ces gens privés d'emploi veulent enfin vraiment se faire entendre. Mais les questions résonnent, le courage des uns et des autres va s'amenuisant au fil des mois. Un droit opposable au travail ? Un revenu universel ? Ne serait-ce que pour créer sa propre activité, parce qu'avec tout ce temps libre...

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Posté par cecileinfine à 16:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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