11 février 2012

La peau de chômeurs

images (38)A l'orée de ce quinquennat poussif, ils ne nous auront rien épargné. Pas même les débats les plus incongrus et inutiles en ces temps difficiles. Impudents, ils dégainent cyniquement leurs dernières armes.

Ils se sont trompés. Mis à part quelques indécis, les convaincus dansent déjà au bal Le Pen. Les civilisations n'ont que faire, dans leurs lourdes histoires de l'incivil Claude Guéant. Il veut faire parler qui et à propos de quoi le second ? Car là, il dessert son maître. Les cartes sont rebattues comme ces questions. Il ne faudrait même pas tomber dans le piège. Et passer son chemin. Plutôt lire ou relire ce qu'en disent les bons historiens.

En ces temps encombrés, la garde va tomber et le roi sera bientôt nu. Maintenant, à d'autres le pouvoir. Et le pouvoir de nous rassurer plutôt que d'entretenir cette fumée brune(1) qui finira par nous faire suffoquer.

Boucs-émissaires

Mais le roi bouge encore, et continue à donner des idées crasses indignes d'une république comme la France. Un référendum sur la bourse, ou la dette ou bien le nucléaire, oui peut-être. Mais que la question (et vous savez comme elle me touche) du chômeur fainéant et négatif qui n'accepte pas ce qu'on lui propose.. blabla..." Je dis stop, ras le bol, la coupe est pleine. Le procédé est peut-être finaud mais inutile. On voudrait demander aux Français de répondre par oui ou par non à la question : "Les chômeurs, en fin de droit doivent-ils accepter l'offre ou la formation qu'on leur propose à Pole Emploi [en gros] ?  Je réponds OUI. Encore faut-il qu'on lui propose quelque chose ; qu'il se forme ? Je réponds OUI. Encore faut-il qu'après une hypothétique formation, ce chômeur (qui l'est encore après sa formation !) trouve un travail correspondant. Et puis, en fin de droits le chômeur est souvent harassé, fatigué, pauvre et a perdu toute la confiance qu'il avait en lui. Mais il y a plus grave, le salarié de Pole Emploi se trouve aussi dans cette situation d'épuisement et de souffrance au travail.

Pourquoi le chômeur l'est-il ? Parce qu'il n'y a pas de travail. Parce que pour une annonce il y a souvent 80, 100 jusqu'à 300 candidatures. Alors bien sûr on sait bien quel électorat le candidat, pas encore déclaré, cible. Alors bien sûr, votre oncle Jeannot ou votre cousin Lucien, qui a toujours voté RPR ou UMP va vous dire :" Mais du travail il y en a !" Lui qui n'a jamais connu cette situation et qui vit grassement de sa retraite de cadre sup des Trente Glorieuses. Il y en a plein et c'est comptant sur des gens de cette génération que le président-candidat espère se faire réélire.

Alors oui, en ce moment à la campagne, il y a du travail saisonnier. J'en fais partie de ces saisonniers corvéables à merci. Mais l'agriculteur chez qui je travaille l'a bien dit l'autre jour "J'ai voté Sarko, on ne m'y reprendra plus, cette fois-ci je vote à gauche !" Le public de journaliers à la ferme c'est souvent des routards, des jeunes qui ont un camion et un ou deux chiens et se déplacent à l'envi. Mais il y a aussi un couple qui travaille avec moi. Un couple de retraités. Il manque à madame, grâce à cette présidence, trois trimestres pour avoir sa retraite ; elle travaille donc au contrat saisonnier comme ça jusqu'à tous les acquérir. Il n'y a rien à ajouter.

Alors j'ai une idée de référendum, maintenant là tout de suite. J'ai même plusieurs questions : Nicolas Sarkozy est-il un bon candidat ? ou bien connaît-il quelquechose en politique non politicienne ? ou bien Nicolas sarkozy pourrait-il bientôt commencer une carrière de chômeur ?

En résumé, il préfère toujours stigmatiser les minorités visibles ou invisibles : Noirs, étrangers, sans-papiers, chômeurs, futurs chômeurs, handicapés, femmes (!), mal logés, SDF, étudiants pauvres etc.

Un référendum, pfff quel populisme ! Les chômeurs trouveront toujours quelqu'un sur leur chemin cahotique, qu'ils sentiront hostile, penser très fort que oui à force c'est suspect de trouver si peu d'embauche. Le chômeur devient parano, insomniaque (tiens là, j'écris il est 3h du mat'), méfiant, triste si triste.

Il a peur d'être contagieux, et il a raison, le chômage, en ce moment c"est contagieux. Mettons-les en quarantaine. Et comme des prisonniers sans crime, ils seront devenus les boucs-émissaires de cette hypocrite et égoïste société.

(1) On pourra relire Matin brun.

Posté par cecileinfine à 14:21 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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