25 novembre 2011

Solidarité Défiance Franchise : indignons-nous !

imagesCeux qui n'ont pas de travail ont du temps et ceux qui bossent n'en ont jamais. Ceux qui n'ont pas d'argent y pensent tout le temps et ceux qui en ont n'y pensent jamais. Il y a des fois comme ça où les gens ne sont pas en phase. Les uns ne prennent pas le temps d'être attentifs aux autres. Bref.

J'ai passé, hier, deux heures avec les Indignés de Nantes. Groupuscule de personnes qui n'ont plus rien à perdre. Abîmés de la vie. Les gens s'arrêtent un peu, s'intéressent quand même au grand panneau déployé pour expliqur la grogne. Une vieille dame était là à discuter, elle avait apporté un paquet de café équitable. Un feu brûle dans un tonneau plus loin.

On était quatre ; la vieille dame, Gilles un des sdf pilier du mouvement, une jeune étudiante à vélo et moi ; à échanger. Quatre parcours différents, quatre âges différents et tous unis dans la même idée qu'il FAUT que ça change !! Leur campement est en sursis. Ils sont là depuis une semaine après avoir été délogés de leur premier lieu, pour laisser place au marché de Noël. Il y a une dizaine de tentes. Et il y faisait froid hier, sur cette esplanade. D'autres passants passent, encore une petite dame âgée s'arrête discute quelques secondes, sourit et s'en va. Quelues-uns entendent, partagent. Jusqu'à quand ? Jusqu'où ? 

On ne s'indigne pas quand on a encore assez. On ne s'intéresse pas, à moins qu'on ne soit journaliste ou sociologue. Pas un politique par solidarité n'est venu s'asseoir dans les vieux canapés déployés pour la circonstance. Pas un. C'est son rôle pourtant. Son rôle n'est pas de se demander quel lieu il va utiliser pour sa com de campagne. Surtout quand il est de gauche. Il y a urgence.

C'est ça que personne ne veut comprendre et comme c'est bientôt Noël... Ce que je peux comprendre, les gens ont envie que leurs enfants soient encore émerveillés. Ils ont envie de dépenser ! C'est normal, je ne critique pas cela. Mais l'amertume n'a pas bon goût et je pense qu'elle se mêlera à beaucoup de foies gras cette année. Car beaucoup se sentent maintenant concernés par la chute des autres. Ils savent que ça peut leur arriver très vite. C'est peut-être là que quelque chose a changé. Après chacun protège ses arrières, donc pour bouger il faudra encore un peu de temps. S'indigner c'est bien plus facile sur le papier. Les indignés, dehors l'hiver, resteront une poignée. Il fait vraiment froid sous la tente.

 

Posté par cecileinfine à 10:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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