19 septembre 2009
Pas de veine
Le cynisme atteint là son acmé. Sans vouloir refaire le débat du pour ou du contre, j'ai l'impression d'être témoin invisible d'une scène de "la liste de Schindler", quand le SS veut tuer l'homme à genoux et son arme s'enraye une deux trois fois et qui abandonne son projet subitement. Ici le condamné "bénéficie" de 10 jours de sursis, le temps que ses veines se refassent peut-être ???
L'éxécution capitale fut publique en France jusqu'en 1938. Le dernier mort "public" fut guillotiné devant la porte de la prison de Versailles, l'été avant la guerre. Certaines photos de cette exécution circulaient publiquement. N'oublions pas que la peine de mort peut toujours être rétablie. Que dans une grande démocratie comme les Etats-Unis d'Amérique qui représentaient le rêve pour beaucoup de gens dans les années 70-80, on exécute encore dans 35 états sur 50.
Je me souviens avoir été remuée longtemps par la dernière scène du film de José Giovanni, avec Delon et Gabin : "Deux hommes dans la ville", où l'on voyait l'éxécution de Delon en détail, après une grâce présidentielle refusée. Je me souviens de Ranucci. Et maintenant que je lis ce fameux bouquin de C. Lanzmann, qui m'assigne à une réflexion de chaque instant sur des sujets, valeurs et autres histoires marquantes de ce 20e siècle en mouvements perpétuels, de progrès ou de recul vers les instincts les plus crus et abjects
des humains en dominant d'autres au nom d'une suprématie originelle, pure invention de cerveaux cruels et malades, je ne peux m'empêcher d'y faire une référence marquante.
"Les pantoufles de feutre des matons glissant silencieusement dans le couloir de la mort, le claquement soudain des verrous de la cellule, le réveil en sursaut du prisonnier hagard, le directeur, le procureur, l'avocat, le prêtre, le "soyez courageux", le verre de rhum, la remise du bourreau et à ses aides avec le passage immédiat à la violence nue et l'accélération brutale de la séquence ultime : bras retournés à force et ligotés dans le dos, chevilles grossièrement entravées d'un bout de corde, chemise échancrée en trois coups de ciseaux pour dégager le cou, l'homme empoigné, arraisonné, traîné plus que marchant, pieds raclant le sol, jusqu'à la porte brusquement ouverte sur la Machine, dressée, haute, en attente, dans l'aube blême de la cour de prison. Oui je sais tout cela." Claude Lanzmann.
Deux hommes dans la ville - J'ai peur
envoyé par scupa. - Regardez des web séries et des films.
Commentaires
Choqué
Même réaction que toi quand j'ai entendu ça à la radio… Atterré…
la mort est un spectacle
et la société criminelle.
J'aimerais tant que tu nous écrives un message plus joyeux. C'est trop dur.
En France et dans les pays du Conseil de l'Europe, la peine de mort ne peut pas être rétablie ... sauf à sortir de l'Europe.
Dans le texte fondateur (la Convention Européenne des Droits de l'Homme) l'article 2 stipulait que la peine de mort devait être réservée aux cas les plus graves.
Puis un Protocole Additionnel n°6 a imposé qu'elle ne soit applicable que dans les situations de guerre
et enfin le Protocole n°13 a purement proscrit ce chatiment en toutes circonstances. Tous les Etats concernés l'ont signé, presque tous l'ont ratifié et il est entré en vigueur en 2003.
Et contrairement à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, (ONU), la CEDH est un texte contraignant.
(entre parenthèse, chaque fois qu'un Etat est condamné par l'Europe, il doit verser des sommes conséquentes. Ainsi, les prisons françaises et leur état pitoyable, régulièrement pointées par l'EUrope, coûte très cher aux contribuables !!
Pour revenir à la peine de mort, la tendance générale est largement à l'abolition, dans les textes ou de fait. Y compris aux USA, où le nombre d'exécutions a fortement diminué ces dernières années, et continue de baisser (38 l'an dernier).
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